Dans notre culture professionnelle, l’idéal reste souvent : « faire toujours plus ». Plus d’actions, plus d’objectifs, plus de résultats. Cependant, comme le rappelle un article Forbes, ce moteur d’accumulation finit par user le système.
Lien vers l’article : https://www.forbes.fr/management/pourquoi-en-faire-moins-permet-dobtenir-plus-le-1-manquant-dans-la-reussite-du-leadership
Lorsque tout semble réussi de l’extérieur mais qu’il manque ce petit « quelque chose » à l’intérieur, ce sentiment d’alignement, de plénitude, alors apparaît ce qu’on pourrait appeler le 1 % manquant.
Dans Le Samouraï et le Manager, j’ouvre une voie différente : celle d’un leader qui se relie à trois niveaux simultanément, à lui-même (Je), à ses collaborateurs (Nous), au contexte et au monde (Tout), mais dans l’instant présent, que j’appelle le « Là ». C’est dans cet espace-temps que l’action prend sens.
L’article Forbes montre que les leaders qui fonctionnent selon le modèle « toujours plus » finissent par perdre le sens alors même qu’ils atteignent les objectifs. Dans la relation au « Je », le leader est invité à faire un pas de recul, à soustraire plutôt qu’à additionner : supprimer ce qui ne sert plus, dire non à ce qui disperse, selon le principe de « soustraction stratégique ».
Être dans le « Là » avec soi-même, c’est :
Cette posture déplace le leadership de la performance brute vers la présence. Le leader ne survit plus à son agenda ; il habite sa vie professionnelle.
L’article Forbes identifie que l’alignement réussi du leadership repose sur trois dimensions : MOI, NOUS, LE MONDE.
Dans la dimension « Nous », il s’agit pour le leader de porter le regard et l’énergie vers l’équipe, mais non pas au prix de sa propre présence. Lorsqu’on applique la soustraction stratégique à l’équipe, cela signifie : éliminer les réunions sans valeur ajoutée, déléguer ce que l’on peut laisser à d’autres, libérer l’espace pour que l’équipe prenne place.
Être présent au « Là » avec les autres, c’est :
Écouter sans plan B, sans anticipation, simplement vivre la relation.
Offrir à l’équipe un espace réel de contribution, en arrêtant d’être partout tout le temps.
Faire moins d’actes de contrôle, plus d’actes de confiance.
Quand le leader est là, l’autre s’ouvre. Le « Nous » se rencontre dans la présence du leader, dans son retrait conscient, dans sa capacité à dire : « Je vous fais confiance pour prendre le relais ici. »
L’article de Forbes souligne que l’épanouissement durable dépend aussi de la dimension « LE MONDE » : ce que l’on apporte, l’héritage que l’on souhaite laisser, l’impact que l’on veut générer. Dans votre cadre « Je – Nous – Tout », le « Tout » représente ce champ large où s’inscrit l’action du leader. Et le « Là » est l’instant où cette inscription devient consciente.
Agir dans le « Là » avec le monde, cela revient à :
Le point de convergence de « Je », « Nous » et « Tout » est cet unique moment présent, ce « Là ».
l’article Forbes nous invite à modifier la question : non plus « Que vais-je faire de plus ? », mais « Que vais-je cesser de faire pour libérer ce qui compte vraiment ? ».
En restant dans le « Là », le leadership devient non plus une accumulation d’actions, mais une qualité d’être. Faire moins ne signifie pas faire peu ; cela signifie faire les gestes justes, dans l’instant juste, avec la conscience juste.
Pour passer de la théorie à l’expérience, quelques pratiques simples peuvent soutenir cette posture :
Le leadership moderne ne se mesure plus uniquement à la quantité de choses accomplies. Il se manifeste dans la capacité du leader à être fortement présent : présent à lui-même, présent à son équipe, présent à son environnement. L’article Forbes nous rappelle que le « dernier 1 % » ne se conquiert pas en ajoutant, mais en éliminant avec discernement.
Ma proposition est de faire de cet « arrêt conscient » une manière d’être : le leader-Sensei. Ainsi, dans le « Là », le succès cesse d’être uniquement visible pour les autres ; il devient expérience intérieure pour le leader. Le « Je – Nous – Tout » s’unit. Le « Là » s’installe. Le leadership s’incarne.
Par Thierry Huss-Braun
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